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J’ai testé pour vous : l’hypnothérapie

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Contexte – Pourquoi j’ai décidé d’essayer l’hypnothérapie

Comme mentionné précédemment sur ce blog, dans un article que personne n’a lu (sauf toi, Minou), je souffre de troubles anxieux assez sévères. L’hypnothérapie s’est donc présentée à moi comme solution possible.

Il y a deux mois, donc, après avoir passé deux semaines à tenter de convaincre mon entourage que je faisais une thrombose de la jugulaire (oui, ça existe, j’ai tout lu sur le sujet), je suis allée rendre visite à mon médecin généraliste pour lui avouer que, oui, j’ai un problème, oui c’est dans ma tête, oui, je sais, un psychothérapeute, oui, plusieurs même, est-ce que je peux toujours prendre du Xanax? Oui? Ca va, alors. Elle m’a suggéré de m’ouvrir à d’autres types de thérapies pouvant fonctionner en parallèle avec la psychothérapie. Etant donné que je suis au fond du trou et que plus rien ne me fait peur (à part la thrombose de la jugulaire), j’ai tendu l’oreille.

Première suggestion : l’hypnothérapie.

Bref, c’est pas ce mois-ci que je vais compléter ma collection de rouges à lèvres MAC.

 

Première séance

La petite pièce de Sylvie, l’hypnothérapeute, est, comme toutes les petites pièces d’endroits où on fait des thérapies, peinte en taupe avec plein de posters qui parlent de la relation entre le corps et l’esprit et des étagères décorées de livres sur la psychologie et assimilés. Trois cadres n’ont pas encore été accrochés au mur et s’y trouvent donc nonchalamment adossés. Je ne pourrai donc pas m’empêcher de fixer l’un d’entre eux pendant toute la durée de la séance.

Deux fauteuils en rotin garnis de jolis coussins Maisons du Monde sont disposés face à face dans un coin cosy de la pièce. Une question inattendue se pose déjà à moi : le fauteuil en osier va-t-il craquer sous mon poids? Il s’avère que non et que je peux par conséquent m’y installer pour commencer mon duel oculaire avec les cadres nihilistes.

Sylvie me pose des questions sur les raisons de ma venue dans sa petite pièce taupe et j’essaie péniblement de lui résumer 36 ans d’angoisses, de troubles du comportement alimentaire, de symptômes imaginaires, de perfectionnisme délirant, d’obsessions passagères et durables, de TOCs et de thromboses de la jugulaire. J’essaie de faire vite mais, apparemment, ça prend une heure. C’est l’anamnèse.

Elle m’explique comment la séance va se dérouler et insiste sur le fait que je garderai le contrôle de mon esprit et que je serai libre d’avoir les yeux ouverts ou fermés (ou de regarder le cadre).

La séance commence et elle me demande de me focaliser sur un moment heureux et de canaliser l’émotion ressentie à ce moment-là. Je trouve ça difficile parce que j’ai déjà du mal à vivre pleinement les émotions positives au moment où elles arrivent, alors quand il s’agit d’aller les rechercher pour les revivre… J’essaie tant bien que mal de suivre les instructions, tout en subissant mon syndrome de l’imposteur plus que mon émotion positive de septembre 2005. J’ai oublié précisément comment cette partie est arrivée dans la séance mais elle me demande de désigner une partie de mon corps dont je pourrais me passer pendant la séance et, étant donné que je suis assise, je choisis mes pieds. Je ne peux pas expliquer pourquoi mais à partir de ce moment précis, je ne sens plus mes pieds. J’ai beau essayer de les bouger, ils n’existent plus. Je ris/pleure nerveusement pendant cinq minutes et puis la séance reprend son cours.

La deuxième partie consiste à canaliser une des manifestations de mon anxiété. Je choisis la respiration car, ce jour-là, je suis gênée par l’impression que ma respiration est “coincée” au niveau du diaphragme et que je n’arrive pas à prendre de profondes inspirations. On essaie d’aller “voir” ce qui se cache derrière ce blocage mais mon ‘mental’ nous empêche d’aller plus loin. Tout ce que j’arrive à exprimer, c’est qu’une grande cavité sombre se cache derrière mon diaphragme et, malgré tous ses efforts, elle n’arrivera pas à m’en faire dire plus. Nous laissons deux fenêtres imaginaires ouvertes avant de partir. Elles ont pour but d'”aérer” la cavité.

A la fin de cette séance d’hypnothérapie, je suis assez frustrée car moi aussi je veux savoir pourquoi j’ai parlé d’une cavité sombre impénétrable. Mon impression est très mitigée à ce stade et je doute que l’on puisse arriver à des résultats juste en discutant d’émotions réactivées de manière artificielle.

 

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Deuxième séance

Quinze jours plus tard, me voilà à nouveau dans le fauteuil en rotin de Sylvie. Lors des jours qui ont suivi la première séance, le “blocage” de mon diaphragme a graduellement disparu, tout comme ma somatisation de manière générale. Désormais, mon anxiété se manifeste de manière frontale (adrénaline, sensation d’urgence, palpitations, besoin de m’échapper ) quasiment à chaque fois et je trouve ça plus facile à gérer.

Elle me demande de revivre la dernière grosse crise en date et d’en expliquer le contexte. Cette crise remonte à la semaine précédente et avait duré toute une journée (par intermittence). J’essaie de ranimer les sensations et explique à Sylvie qu’elle précédait ma visite à une personne proche. Il s’avère que ma perception de cette personne et ma relation avec elle soient potentiellement liées à l’origine de mon anxiété.

Nous travaillons ensuite sur des événements du passé lors desquels cette personne s’est montrée inutilement agressive envers moi. Le but est de retourner dans mes souvenirs et de minimiser l’impact de ses réactions sur l’adolescente et l’enfant que j’étais.

En fouillant de manière plus approfondie, il s’avère que certains de mes souvenirs restent inaccessibles, encore bloqués par mon ‘mental’. La séance se termine et nous prenons rendez-vous pour dans trois semaines. Sylvie m’annonce que la prochaine séance consistera à lever l’amnésie sur les zones d’ombre.

 

4. Troisième séance

Début juin, je suis de retour chez Sylvie. Depuis notre dernière rencontre, mon anxiété a presque complètement disparu (probablement grâce à la microkinésithérapie, sur laquelle j’ai écrit un article) et elle me demande pourquoi je suis encore là. Je lui explique que j’étais intriguée par l’idée de “lever l’amnésie” et que j’étais partante pour tenter l’expérience (et probablement pour donner une dernière chance à l’hypnothérapie).

Nous nous attaquons donc à l’un des souvenirs restés inaccessibles la fois dernière. J’étais presque certaine que nous allions dévoiler un souvenir désagréable concernant la personne proche à qui j’ai beaucoup de reproches à faire. Au départ, le souvenir est très vague et les silhouettes sont presque impossibles à identifier. Petit à petit, avec un peu de concentration (ou d’imagination), la scène s’éclaircit et je décris un souvenir qui n’en est pas un. Mon côté première de classe me pousse à tout faire pour que la séance se passe bien mais mon ‘mental’ est toujours bien présent et c’est lui qui dirige la description. Le contenu de la troisième séance n’a pas vraiment de rapport avec la deuxième ou la première mais je crois comprendre certaines choses sur la dynamique familiale qui aurait éventuellement pu me faire souffrir.

 

5. Mes impressions

Je ne suis absolument pas convaincue que l’hypnothérapie m’ait aidé à gérer mon anxiété. Je ne reproche cependant rien à ma thérapeute : je suis une très mauvaise cliente quand il s’agit de faire de la relaxation/visualisation et de raviver des émotions. J’imagine que quelqu’un ayant une meilleure capacité de lâcher-prise y répondrait mieux. Malheureusement, je ne connais pas beaucoup de personnes souffrant de troubles anxieux avec de bonnes capacités de lâcher-prise.

La plupart du temps, j’ai eu l’impression d’inventer des histoires ou de mal visualiser les choses et de mentir pour ne pas faire une ‘mauvaise’ séance d’hypnothérapie.

Pour les troubles anxieux, je ne peux que recommander d’aller consulter un psychothérapeute, psychologue ou psychiatre.

 

 

hypnothérapie

 

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